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Commentaire financier du jour

Aperçu quotidien des marchés financiers nord-américains, européens et internationaux présenté par Michel Doucet

Michel Doucet

Michel Doucet
Vice-président et
gestionnaire de portefeuille

19 janvier 2022

Canada

Les agents frontaliers canadiens ont commencé à interdire l’entrée à des chauffeurs de poids lourds américains non vaccinés il y a quelques jours à peine et cela provoque déjà un chaos – particulièrement sur les marchés des fruits et légumes. Une directive du 15 janvier oblige les chauffeurs entrant au Canada à être vaccinés. Mais, seulement la moitié environ des chauffeurs américains le sont. Or jusqu’à 90 % des fruits et légumes consommés au Canada proviennent des États-Unis en hiver et les épiceries commencent déjà à avoir des problèmes d’approvisionnement. « Nous constatons des pénuries, a dit Gary Sands, vice-président principal de la Fédération canadienne des épiciers indépendants. Nous avons des échos de nos membres selon lesquels dans certains magasins il n’y a plus d’oranges ni de bananes. » La directive ajoute aux perturbations des chaînes d’approvisionnement du Canada déjà nombreuses à cause des récentes tempêtes et de la pandémie. Les prix à la consommation augmenteront probablement avec la flambée des coûts de transport. L’expédition d’un chargement de fruits et légumes frais de Californie ou de l’Arizona coûte maintenant 9 500 $, contre une moyenne de 7 000 $ auparavant, selon l’organisation North American Produce Buyers. Le prix pour transporter des produits alimentaires et d’autres marchandises d’exportation traversant la frontière a doublé sur certains axes à cause du manque de chauffeurs admissibles. La situation ne fera qu’empirer quand les États-Unis imposeront leurs propres obligations vaccinales aux voyageurs étrangers à partir du 22 janvier. L’Alliance Canadienne du Camionnage estime que l’obligation écartera jusqu’à 16 000 chauffeurs. Le manque de chauffeurs pourrait amplifier encore les pénuries que nous connaissons actuellement, parce que le transport par camion est la seule option. Le service ferroviaire n’est pas disponible partout et l’expédition par avion coûte trop cher.

Les constructeurs apportent un certain soulagement au marché tendu de l’immobilier résidentiel au Canada. Les données de fin d’année révèlent la plus forte vague de nouvelles constructions depuis les années 1970. Les constructeurs ont mis en chantier 271 198 unités d’habitation l’an dernier, soit le nombre le plus élevé depuis 1976 qui n’a été dépassé qu’en 1955, selon des données publiées mardi par la Société canadienne d’hypothèques et de logement. Au total, 222 670 habitations ont été achevées l’an dernier, soit le nombre le plus élevé depuis 1979. Les chiffres révèlent que les promoteurs immobiliers cherchent à profiter d’un marché sur lequel le prix de référence d’une maison a augmenté de près de 30 % au cours de la dernière année face à une diminution de l’offre, le nombre d’habitations sur le marché de la revente étant au plus bas depuis au moins un quart de siècle.

États-Unis

Microsoft Corp. s’est engagée à acheter Activision Blizzard Inc. dans une transaction au comptant évaluée à environ 75 milliards $, réalisant de loin sa plus importante acquisition, afin de mettre la main sur un poids lourd des jeux vidéo chez qui se multiplient les accusations d’inconduite sur le lieu de travail. Si la transaction se matérialise, elle augmentera considérablement les activités de jeux vidéo déjà importantes de Microsoft, avec l’ajout de titres populaires tels que Call of Duty, World of Warcraft et Candy Crush au secteur Xbox de Microsoft et à ses propres jeux tels que Minecraft et Doom. Microsoft a dit que la transaction ferait d’elle la troisième société productrice de jeux par le chiffre d’affaires, derrière Tencent Holdings Ltd. de Chine et Sony Group Corp. du Japon. La transaction fait suite à une explosion du secteur des jeux vidéo pendant la pandémie. Elle a aussi lieu alors que Microsoft et d’autres géants technologiques rivalisent pour prendre des parts de marché alors que le secteur subit des changements profonds, dont la transition vers les jeux infonuagiques et la montée en puissance d’un monde virtuel connu sous le nom de métavers, dans lequel on peut jouer, travailler et faire des achats entre différentes plateformes en utilisant des avatars numériques. La transaction comprend aussi quelques complications non négligeables. Les actions d’Activision sont en baisse de près de 30 % depuis que les autorités de réglementation de la Californie ont engagé une poursuite contre la société pour des allégations de harcèlement sexuel et de disparités salariales entre hommes et femmes parmi les quelque 10 000 employés de l’entreprise.

Le bénéfice de Goldman Sachs Group Inc. a chuté de 13 % à 3,94 milliards $US, ou 10,81 $ par action, au quatrième trimestre. C’était moins que la prévision consensuelle de 11,77 $ par action d’après les analystes sondés par FactSet. Le chiffre d’affaires a augmenté de 8 % à 12,64 milliards $US. Il dépasse les prévisions de seulement 12 milliards $US. Les revenus des activités de banque d’investissement ont bondi de 45 % à 3,8 milliards $US, la demande pour des fusions et acquisitions étant encore forte. Les revenus de négociation se sont élevés à 3,99 milliards $, en baisse de 7 %, alors que la volatilité sur les marchés des capitaux induite par la pandémie a diminué. Les revenus de négociation d’obligations de 1,86 milliard $ étaient essentiellement stationnaires par rapport à l’année précédente, alors que ceux de la négociation d’actions se sont comprimés de 11 %. Les revenus provenant de son unité de services aux consommateurs et de gestion de patrimoine ont augmenté de 19 % au quatrième trimestre. Les revenus des services bancaires aux consommateurs ont crû de 8 % alors que les consommateurs maintenaient des soldes plus élevés sur leurs cartes de crédit. Les charges d’exploitation totales se sont établies à 7,27 milliards $, en hausse de 23 % par rapport à la même période un an plus tôt. Les charges salariales chez Goldman ont bondi de 31 % à 3,25 milliards $. Le rendement des capitaux propres de la banque, qui indique à quel point elle utilise rentablement l’argent des actionnaires, s’est chiffré à 23 % en 2021 après un rendement de 11,1 % en 2020.

Morgan Stanley et Bank of America doivent présenter leurs résultats avant l’ouverture à New York.

Europe

L’inflation au Royaume-Uni a surpris avec un bond inégalé au niveau le plus élevé du pays depuis 1992, ce qui accroît les difficultés des ménages et ajoute aux pressions sur le gouvernement et la Banque d’Angleterre pour qu’ils réagissent. Les prix à la consommation ont augmenté de 5,4 % sur un an en décembre, propulsés par un accroissement généralisé des coûts des aliments, des boissons, des repas au restaurant et du mobilier, selon un communiqué de l’Office for National Statistics paru mercredi. Le pouvoir d’achat des ménages diminue alors que le prix de biens et de services courants augmente plus vite que les salaires. Les ménages ressentent la pression non seulement par l’augmentation des factures d’énergie, mais aussi par celle des prix des aliments. Les factures d’énergie ont bondi de 18,8 % pour l’électricité et de 28,1 % pour le gaz, ce qui représente la plus forte hausse depuis 2009. Les prix des aliments grimpent maintenant plus vite que jamais depuis juillet 2008. Les grands argentiers de la banque centrale réfléchissent à une nouvelle augmentation des taux d’intérêt dès le mois prochain et les ministres cherchent un moyen d’atténuer la hausse des factures de services publics qui doit entrer en vigueur en avril. La BdA avait procédé à la première hausse des taux depuis le début de la pandémie le mois dernier et pourrait donner un nouveau tour de vis le 3 février.

Le prix du pétrole a grimpé au plus haut depuis octobre 2014 et l’agence internationale de l’énergie a dit que le marché semblait plus étroit qu’on le pensait auparavant alors que la demande restait résiliente malgré le variant Omicron. L’excédent d’offre mondial se contracte et la demande de pétrole est en passe de revenir au niveau d’avant la pandémie, selon un rapport de l’EIA. L’agence a aussi dit qu’il existe un fossé croissant entre les stocks mondiaux et les équilibres de l’offre et de la demande. C’est une indication de plus que la production pourrait être plus basse ou que la consommation pourrait être plus forte que ce qu’estimaient les marchés. Les contrats à terme à New York ont dépassé 87 $ le baril plus tôt dans la séance après une explosion mardi qui a mis hors d’état un pipeline de brut crucial reliant l’Irak à la Turquie. Les marchés du pétrole se sont contractés ces dernières semaines en raison d’une demande plus forte que prévu et de pannes des producteurs du groupe OPEP+, dont la Libye, tandis que les acheteurs en Asie paient des primes élevées pour des cargaisons achetées au comptant. L’effervescence du début d’année a incité Goldman Sachs Groups Inc. à augmenter ses prévisions du baril de Brent de référence mondial, prédisant que le pétrole atteindra 100$ au troisième trimestre.

Asie

Plus de deux ans après l’éclatement de la pandémie, la plupart des pays s’efforcent de vivre avec la COVID, acceptant le virus comme une partie de leur quotidien. La Chine, où le pathogène est apparu en premier, vit dans une réalité différente, attachée à une stratégie de tolérance zéro qui devient de plus en plus difficile à maintenir. Malgré la fermeture hermétique des frontières et un taux de vaccination de près de 90 %, le variant Omicron extrêmement contagieux a été trouvé dans sept des 31 provinces et toutes les plus grandes villes de la Chine. Les perturbations de l’activité des ports et le confinement de villes entières sont de plus en plus courants et, lundi, le gouvernement a laissé entendre qu’il se préparait à plus :  la banque centrale a réduit son taux d’intérêt clé après l’annonce du plus faible trimestre de croissance depuis le début de la pandémie. Les coûts humains augmentent aussi. Dans la ville de Xi’an, au moins deux personnes sont décédées et deux femmes on fait des fausses couches, faute d’accès à des traitements médicaux à cause de l’application des protocoles de confinement dus à la COVID qui ont commencé juste avant Noël. Au sens le plus littéral, la Chine n’en est pas à zéro COVID depuis des mois, et avec chaque nouvelle mutation, les enjeux augmentent pour le président Xi Jinping et le reste du monde. Sur une liste des principaux risques politiques mondiaux en 2022, l’Eurasia Group a placé l’échec de la stratégie de lutte contre la pandémie de la Chine au premier rang. Les résultats économiques les plus récents de la Chine et la réaction de la banque centrale révèlent l’ampleur de la pression à laquelle est soumis le gouvernement. Pékin a pour objectif à long terme d’augmenter la consommation intérieure et de dépendre moins de la demande étrangère. La politique de zéro COVID a produit l’opposé. Même si la demande intérieure ne fléchissait pas, cette stratégie augmente la dépendance de la Chine de son secteur d’exportation.

Les actions asiatiques étaient sous pression. L’indice MSCI Asie-Pacifique a chuté de 1,3 % alors que l’indice Topix du Japon a terminé la séance en baisse de 3 % tandis que le yen s’est renforcé. Sony Group Corp. a plongé après l’annonce de Microsoft Corp. L’indice Nikkei 225 du Japon a dérapé de 2,8 %. L’indice composé de Shanghai a cédé 0,3 %.

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