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Commentaire financier du jour

Aperçu quotidien des marchés financiers nord-américains, européens et internationaux présenté par Michel Doucet

Michel Doucet

Michel Doucet
Vice-président et
gestionnaire de portefeuille

1 mars 2024

Canada

L’économie canadienne a évité une récession, mais l’augmentation de l’activité ne prêtait guère à la célébration. Au quatrième trimestre, le PIB a crû de 1,0 % en chiffres annualisés, légèrement plus que ce qu’on prévoyait. Des révisions compensatoires des trimestres précédents n’ont pas changé grand-chose. Il semble que la croissance ait été plus timide au deuxième trimestre de 2023 que ce qui avait été annoncé précédemment, mais qu’elle s’est contractée légèrement moins au troisième trimestre que le chiffre initial publié. La demande intérieure finale paraissait faible. La baisse annualisée de 0,7 % était la première contraction depuis la fin de 2022. Malgré une croissance massive de la population, les dépenses des ménages n’ont augmenté que modestement. Le taux d’épargne est resté élevé à 6,2 %, beaucoup de Canadiens consacrant une plus grande part de leurs revenus au service de la dette tandis que nombre d’autres s’attendent à devoir en faire autant dans un avenir rapproché. Tant l’investissement résidentiel que l'investissement non résidentiel se sont contractés au quatrième trimestre. Résultat, la croissance du PIB constatée était alimentée par les exportations, en particulier celles de pétrole brut. L’économie a terminé 2023 au ralenti, aucune croissance n’ayant été enregistrée en décembre. Cela dit, l’activité a été freinée par des grèves au Québec. Avec la conclusion de ces différends syndicaux, l’économie a rebondi en janvier, affichant une progression de 0,4 %. L’économie intérieure semble être en train de ralentir, les taux d’intérêt élevés pesant sur les consommateurs et les entreprises. La croissance constatée au quatrième trimestre ne provenait pas de l’intérieur des frontières du Canada et est particulièrement peu inspirante étant donné l’augmentation de la population enregistrée à la fin de l’an dernier.

États-Unis

L’indicateur préféré des prix à la consommation de la Fed a affiché une augmentation démesurée en janvier, mais on s’y attendait généralement. Les données de l’IPC et de l’IPP publiées précédemment avaient donné aux économistes suffisamment d’informations pour prévoir correctement le bond de 0,4 % des prix de l’indicateur PCE de base. Comme on l’a fait remarquer, les chiffres de janvier semblent avoir été motivés par des facteurs particuliers exceptionnels. Cela dit, les responsables de la politique monétaire ne peuvent pas complètement ignorer les statistiques parues aujourd’hui, du moins pas avant que de nouveaux chiffres de l’inflation ne confirment cette théorie. Le revenu personnel a augmenté plus que prévu en janvier, propulsé par les dividendes, mais le revenu après impôt disponible n’affichait pas la même progression. Par conséquent, les ménages n’avaient pas nettement plus d’argent à dépenser en janvier. Les dépenses de consommation n’ont augmenté que de 0,2 % en termes nominaux et ont en fait diminué après correction de l’inflation. Le taux d’épargne est resté bas à 3,8 %, les Américains qui disposent de taux hypothécaires bloqués sur de longues durées pouvant dépenser plus librement que leurs voisins au nord de la frontière.

New York Community Bancorp a chuté de pas moins de 27 % en préouverture des marchés vendredi, après l’annonce par la société d’un report de sa déclaration 10-K parce qu’elle a trouvé des faiblesses importantes dans son contrôle interne concernant la manière dont elle suit les risques des prêts. NYCB a aussi remplacé son chef de la direction, indiquant que le président du conseil exécutif, Alessandro DiNello, assumera ce rôle. Dell Technologies est sur le point d’enregistrer un record, ses actions ayant bondi de 21 % en préouverture des marchés après la publication par la société de matériel informatique de résultats aux quatrièmes trimestres qui ont dépassé les attentes, la demande de serveurs pour l’IA renforçant son élan.

Europe

L’inflation de la zone euro a baissé moins que prévu en février – apportant de l’eau au moulin des responsables de la Banque centrale européenne qui ne veulent pas se précipiter dans la baisse des taux d’intérêt. Les prix à la consommation ont augmenté de 2,6 % par rapport à l’année dernière en février, a dit Eurostat vendredi. C’est plus que l’estimation médiane de 2,5 % dans une enquête de Bloomberg auprès des économistes. L’inflation de base, compte non tenu des éléments volatils comme les produits alimentaires et l’énergie, a aussi diminué moins qu’envisagé, à 3,1 %.

Asie 

Les actions asiatiques étaient en hausse, l’indice japonais Nikkei 225 gagnant 1,9 % et clôturant à un niveau historique proche de 40 000. Le yen s’est déprécié par rapport au dollar après que le gouverneur de la Banque du Japon, Kazuo Ueda, a déclaré que son niveau cible était encore nettement supérieur. Ses commentaires pourraient tempérer les attentes de ceux qui parient sur une première hausse des taux d’intérêt par la banque centrale depuis 2007 dès le mois de mars.

Selon les stratèges de Bank of America Corp., les fonds d’actions chinoises ont connu leurs plus importants flux sortants hebdomadaires depuis octobre, alors que le gouvernement cherche à enrayer le déclin du marché boursier. Environ 1,6 milliard $ ont été retirés des fonds chinois au cours de la semaine terminée le 28 février. Pékin tente de restaurer la confiance sur les marchés après des années de pertes et de ralentissement de la croissance à la suite de la pandémie. Alors que la crise s'est aggravée ces derniers mois, les autorités ont renforcé les mesures visant à alimenter la confiance, notamment en limitant les ventes à découvert et en réprimant la négociation à haute fréquence.

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