Imprimer

Commentaire financier du jour

Aperçu quotidien des marchés financiers nord-américains, européens et internationaux présenté par Michel Doucet

Michel Doucet

Michel Doucet
Vice-président et
gestionnaire de portefeuille

20 novembre 2019

Canada

Pour la première fois cette année, les statistiques économiques canadiennes sont inférieures aux prévisions des analystes, selon un indicateur des surprises économiques très suivi. L’indice de Citigroup Inc. – qui baisse quand les chiffres descendent sous les prévisions – a chuté sous zéro mardi, pour la première fois depuis décembre. Il indique que la croissance du Canada pourrait être en train de ralentir à un rythme plus rapide que ce que prévoyaient les analystes, sous l’effet des préoccupations soulevées par la guerre commerciale. Le dollar canadien a aussi faibli par rapport au billet vert ce mois-ci, ce qui le classe parmi les monnaies les moins performantes du G10. L’indicateur négatif fait suite à la publication d’une série de rapports économiques décevants ce mois-ci, notamment en matière d’emploi, de commerce extérieur et de mises en chantier résidentielles, donnant aux économistes matière à réfléchir sur l’ampleur de la décélération du pays. Les statistiques de la fabrication parues mardi, les plus récentes données de Statistique Canada, étaient aussi faibles. Malgré des résultats d’ensemble meilleurs que prévu, les volumes des usines et les stocks ont baissé.

Un des plus grands actionnaires d’Encana Corp. affirme que le projet de déménagement aux États-Unis de la société de pétrole et de gaz naturel est « très discriminatoire » à l’encontre des investisseurs canadiens. Letko, Brosseau & Associates Inc., qui détient une participation d’environ 4 %, votera contre le projet d’Encana de déménagement aux États-Unis, a dit l’investisseur mardi dans un communiqué. La société de Montréal affirme que ce déménagement obligerait les investisseurs à détenir les actions par l’entremise de fonds indiciels canadiens ou forcerait ceux qui ont une politique d’investissement en valeurs canadiennes exclusivement à vendre l’action, probablement à perte étant donné le cours actuel du titre.

États-Unis

Le Sénat américain a adopté à l’unanimité un projet de loi visant à soutenir les manifestants à Hong Kong et lançant un avertissement à la Chine contre toute répression violente du mouvement – provoquant une vive réprobation de Pékin. La Chine a réitéré mercredi une menace d’imposition de mesures de représailles si le projet prenait force de loi et a appelé les États-Unis à arrêter de se mêler des affaires de Hong Kong. Ma Zhaoxu, vice-ministre des Affaires étrangères à Pékin, a ensuite convoqué William Klein, un représentant de l’ambassade des États-Unis, et a émis de fermes objections au projet de loi. Le gouvernement de Hong Kong a exprimé des « regrets extrêmes » et estimé que la législation aurait une incidence négative sur les relations avec les États-Unis.

Alors que le déficit budgétaire américain se rapproche de 1 000 milliards $ pour la première fois depuis la crise financière, le comité du budget de la Chambre des représentants se réunira à Washington mercredi en quête d’une réponse à une question cruciale : Cela représente-t-il un danger clair et actuel pour l’économie ? Les marchés financiers disent que non, pas vraiment. L’État américain peut emprunter de l’argent sur 10 ans à environ 1,8 %, un creux historique, même après près de trois ans d’accroissement du déficit budgétaire sous la gouverne du président Donald Trump.  Dans un rapport préalable à l’audience, la majorité démocrate du comité a dit qu’elle doit réévaluer les effets des déficits importants, dont il a été reconnu qu’ils font monter le loyer de l’argent. « Au lieu de cela, les taux d’intérêt ont régulièrement baissé, même si la dette a bondi à des niveaux quasi records », a-t-il dit.

Europe

La Banque centrale européenne a mis en garde contre des effets secondaires potentiels de sa politique de détente monétaire, soulignant que deux années de mesures de stimulation sans précédent conçues pour relancer l’économie contribuent à une érosion de la stabilité financière. Les taux d’intérêt bas ont encouragé des prises de risques excessifs par les fonds d’investissement et les assureurs ainsi que sur certains marchés immobiliers, a dit la BCE dans sa Revue de la stabilité financière trimestrielle. Certains signes de décalage des prix laissent entrevoir des corrections futures possibles. « Bien que l’environnement de taux bas soutienne l’économie en général, nous notons également une augmentation de la prise de risque qui pourrait poser à terme des défis à la stabilité financière », a déclaré le vice-président de la BCE, Luis de Guindos, cité dans un communiqué.

Asie

Les banques centrales des économies émergentes, de l’Inde au Brésil, ont encore des munitions pour soutenir l’économie mondiale alors que leurs semblables des marchés développés se mettent sur la touche. Alors que les grands argentiers de la Réserve fédérale américaine et de la Banque centrale européenne semblent déterminés à laisser les taux d’intérêt inchangés, beaucoup de leurs contreparties dans les pays en développement ont de la latitude pour réduire encore leurs taux. Cela devrait aider à soutenir l’économie mondiale dont l’expansion est la plus faible depuis une décennie. Cette perspective a été soulignée cette semaine par les économistes de Morgan Stanley, qui ont prédit que les marchés émergents croîtront au rythme de 4,4 % l’an prochain, près de trois fois le rythme de 1,3 % attendu pour le G10. Après que 20 banques centrales sur 32 suivies par Morgan Stanley ont assoupli leur politique en 2019, ses économistes prévoient que 13 le feront en 2020 et que ces réductions seront concentrées sur les marchés émergents, ce qui aidera à réduire le taux directeur moyen pondéré mondial au plus bas depuis sept ans d’ici mars. L’Inde, le Brésil, l’Indonésie et la Turquie sont tous en mesure d’intervenir au besoin.

Alibaba Group Holding Ltd. a mobilisé pour environ 88 milliards HKD (11,2 milliards $US) dans son placement d’actions à Hong Kong, ce qui en fait la plus importante émission d’actions de la plaque tournante financière depuis 2010. La société a confirmé qu’elle a tarifé 500 millions de nouvelles actions à 176 HKD chacune, dans un communiqué publié mercredi. Ce prix représente une décote de 2,9 % sur le dernier cours de clôture des certificats de dépôt américains d’Alibaba à New York, chacun équivalant à huit actions ordinaires de la société Internet. Cette vente d’actions à Hong Kong est aussi la plus importante à l’échelle mondiale cette année.

Nous trouver Découvrez nos produits et nos services

Haut de page